ENTREVUE AVEC PIERRE BOUSSAGUET

 Pierre Boussaguet, un des contrebassistes les plus demandés sur toute la planète a fait l’honneur d’une entrevue au Canard du pianiste.

 

 Non sans humour, le sus-nommé Pierre Boussaguet y a reconnu avoir « détesté » notre rédacteur en chef le temps d’une journée, car la lecture de ces colonnes a débordé sur le temps de travail de son instrument. 

 FABRICE EULRY

Sur ce site il y a eu des positions que tu ne partages pas. Peux-tu nous dire lesquelles ?


boussaguet1.jpg PIERRE BOUSSAGUET

Ce ne sont pas des opinions que je ne partage pas mais je réagis plutôt à l’état d’esprit sous-jacent.

J’ai découvert le Jazz en 1977 dans ma ville natale Albi. J’étais alors accordéoniste professionnel ce qui veut dire que je découvrais non pas la Musique mais une forme de Musique. Il y avait alors 2 personnes impliquées dans cette musique. Très vite, on m’a confronté au débile problème des anciens et des modernes. Pour faire court, il y a toujours quelqu’un qui dit « ça, c’est du jazz » et un autre qui dit « non, ce n’est pas du jazz ». Cela a été le sport national durant des décennies et cela continue aujourd’hui encore, ce qui m’exaspère. Chacun a sa définition du Jazz, et chacun son prosélytisme. Quand j’ai commencé à Paris, je me souviens d’un soir lors d’une pause de l’orchestre au Sofitel, d’un musicien qui vient me dire « tu joues vraiment bien, c’est dommage que tu joues bebop. À l’autre bout du bar, un autre me dit « c’est bien, tu swingues, mais tu sonnes trop middle Jazz ». Et c’est toujours la même chose partout, tout le temps.

Tel musicien joue toujours trop ceci pour les uns, pas assez cela pour les autres.

Quelques exemples:

Gérard Badini disait « Il y a en France ceux qui pensent que le Jazz est mort à l’arrivée de Bird (CHARLIE PARKER) et ceux qui pensent qu’il est né à l’arrivée de John Coltrane « A Love Supreme ». En fait, il serait plutôt entre les deux! »

« Guy Lafitte ? le successeur, le fils d’Hawkins, puis plus tard, il s’est éloigné du Jazz »

 Autre exemple « Ray Brown? Maître de swing, mais pas quand il joue avec Dizzy et Bird » etc… etc…

Cette attitude est la porte ouverte au fanatisme, à l’intégrisme. Heureusement qu’il ne s’agit que de Musique !

  Oui et comme il n’y a pas mort d’homme, du moins pas directement, on s’autorise-t-on toutes les intolérances envers les musiciens. Mais c’est humain, l’étiquetage abonde avec l’ignorance du vivant, du mouvant incontrôlable de la musique, qui angoisse les cérébraux qui veulent tout contrôler. Il faudrait admettre que le vivant de la musique échappe au concept, qu’on ne peut pas mettre des mots sur tout, même si ça oblige certains à accomplir l’exploit de se taire de temps en temps.

 Même quand ces concepts sont maîtrisés, et la plupart du temps ce n’est pas le cas, ça donne au mieux les conversations imbibées de fin de soirée, parfois pathétiques parfois sympathiques, au pire les articles négatifs injustes ou ineptes qui démolissent le travail d’une vie.

boussaguet1.jpg N’importe quel psy expliquera que cette attitude est une maladie; c’est la somme de notre ego et de nos peurs, basta.

On va passer combien de siècles avec ces conneries?

Moi, je n’ai ni le temps, ni le luxe, ni l’envie de défendre une pseudo-idéologie ou une autre.

Je suis musicien, ce qui veut dire que je dois trouver sur scène ou en studio des solutions spontanées pour faire que la Musique fonctionne. Et à la maison, je travaille mon instrument d’une part, et ma culture, et mes recherches d’autre part.

As-tu remarqué que les musiciens les plus virulents dans leurs opinions sont assez souvent les plus médiocres quant à leur faculté à jouer ?

 Mais eux au moins ils jouent ! Il y a pire : ce sont ceux qui pontifient le plus qui n’ont jamais mis les mains dans le cambouis, ou sans jamais avoir mis leur âme à nue sur scène, jamais ramé sur un instrument, jamais angoissé sur leur fins de mois, en pensant « je dois payer mon logement mais aussi ne pas céder à la tentation de faire n’importe quoi musicalement pour subsister » comme chante Aznavour « Pour subsister je fais n’importe quoi » dans Je m’voyais déjà. Il n’ont jamais connu cette horrible tentation de se brader pour rester libre, pour ne pas faire allégeance au système, car un artiste doit se battre pour son loyer mais aussi pour pour ce qu’il pense être beau. C’est la double peine avec deux luttes quasi-contradictoires entre lesquelles il faut faire le grand écart.

  Les gros pontifiants ne connaissent pas ce tourment quand ils croient analyser, décortiquer des abstractions, ils touchent des entrailles en mouvement, ils jugent la vie. Du tourment, il ne connaissent que celui de craindre de ne pas tout contrôler depuis la tour d’ivoire de leur collection de disques. Quant à leur légitimité elle ne repose pas sur ce qu’ils ont donné à la musique, mais sur une érudition théorique dans le meilleur des cas, ou la plupart du temps sur leur réseau et la maîtrise de la tchatche : c’est la prise de pouvoir par le sophisme, et la soumission des artistes par la possibilité de leur nuire.

boussaguet1.jpg Mais il y a les vrais musicologues, les historiens, les collectionneurs, qui nous aident à nous repérer dans le temps.

À chacun sa mission.

 Oui mais chacun doit avoir conscience des limites que ladite mission lui donne…

boussaguet1.jpg L’autre soir, je suis allé écouter Eric Luter, et j’ai découvert des morceaux à l’esthétique particulière que je ne connaissais pas. Superbe. L’après-midi avant, j’ai pris le temps d’écouter « A love Supreme » de Coltrane. Bouleversant.

Le matin, j’ai entendu un disque d’Earl Hines et un autre de Marc Johnson. Si j’applique les sectarismes en cours, ma note est au maximun de 1 sur 4. C’est à dire que je me plante les trois quarts du temps !

Enfin, et tu es comme moi du pays de Jaurès, qu’est-ce qu’il y a à l’issue de toute guerre ? Un gagnant ? Jamais, seulement 2 perdants et la somme de toutes les destructions.

 J’en connais qui mettent des petites étoiles sur leur magazine, en face de chaque disque qu’ils critiquent, d’autres des notes de un à dix. J’ai demandé à l’un d’entre eux si ça lui arrivait de mettre des zéro….

boussaguet1.jpg Je pense qu’il est malsain de renvoyer les artistes, les choix personnels, les époques, dos à dos.

Lorsque je croise un jeune musicien ou un mélomane qui semble sensible au swing, je l’encourage à écouter Garner « Concert by the Sea » par exemple. S’il est fou de Blues et qu’il joue du ténor, je lui suggèrerais d’écouter Stanley Turrentine par exemple. 

Bref, je pars de ce qu’il connaît et aime déjà, et essaie de bâtir par-dessus

Tous ces sectarismes font qu’aujourd’hui, chacun est dans son coin, chaque chapelle est « victime » de la chapelle dominante, mais ne se rend pas compte que si elle était dominante, elle mettrait l’enfer aux autres à son tour.

Bravo, quelle intelligence, quelle efficacité pour promouvoir une forme de Musique très large car vivante, donc forcément évolutive.

Le plus drôle, c’est qu’avec mes propos, j’ai toutes les chances de me les mettre tous à dos à l’unanimité !

 Alors qu’il répondent dans Le canard du pianiste ! Pas de coup bas pas de censure. A la loyale pour une fois !

boussaguet1.jpg On n’est pas obligé de tout aimer certes, mais on n’a pas le droit moral de porter un jugement de valeur en lieu et place de l’expression d’un goût.

 C’est ce que disent les camionneurs en d’autres termes quand on les agace avec Johnny. « Ah que ils ont raison ! »

boussaguet1.jpg L’ego de cet esprit fermé se résume à peu près à ceci : J’aime vraiment la Musique de tel musicien ou de telle époque, tout ce qui n’en est pas m’agresse. Le sectarisme exprime aussi le problème de la soif d’éternité :  » cette Musique m’est tellement belle que je voudrais que le temps s’arrête ici « .

 Oui c’est merveilleux mais cela peut déboucher sur le fait de confondre l’objet de la grâce avec la grâce elle-même; il faudrait leur dire : voilà votre âme s’est élevée et vous êtes reconnaissants envers l’incarnation de votre élévation. Mais d’autres que vous peuvent trouver cette beauté par une autre incarnation, par d’autres voies, donc ne cherchez pas à imposer les vôtres c’est juste votre culture, juste votre esthétique. Bien sûr soyez en fier mais contentez-vous de la représenter, et l’on viendra la partager, la célébrer tout naturellement avec vous, et si il est clair qu’elle vous rend gracieux, beaucoup de gens viendront à vous tout naturellement. 

boussaguet1.jpg Luc Ferry dans un cd sur la myhtologie explique très bien cela. Face à l’éternité, il y a la foi religieuse pour les croyants, et la spiritualité pour les athées.

  Je ne l’ai pas écouté. Je crois comprendre que Luc Ferry est athée mais pas anti-religieux.

boussaguet1.jpg « Mezz » Mezzrow dans son livre « La rage de vivre », décrit très bien ce processus. Au passage ce bouquin est incroyable et comme par hasard la préface d’Henry Miller est extraordinaire « Je voudrais que des millions d’hommes lisent ce livre et recoivent le message qu’il contient. » La Musique des Chicagoans ne pouvait pas mourir à ses yeux.

Hugues Panassié a certainement éprouvé la même chose le jour où le jazz ne contenait plus exactement ce qui l’avait touché.

Il en est de même pour chacun. 

Reste le choix de son attitude par rapport au temps.

La musique d’aujourd’hui ne se fait plus comme celle que j’ai connue et pratiquée. 

 Cette mutation a-t-elle toujours existé selon toi ? Est-elle terminée ou faut-il comprendre qu’elle est permanente ?

boussaguet1.jpg Le « Body and Soul » de Guy Lafitte ne s’arrêtera jamais dans ma tête, le SKG de Milt Jackson en 2002 à Montauban non plus,  le Secret Love de « Clark Terry » non plus, le « Center piece » de Sweets non plus, le « Tranquility in the Woods » d’Oscar et de NHOP non plus, le « Just Friends » de Joe Pass non plus, le « thème pour un ami » de René Urtreger non plus, le « Just one of Those Things » de Johnny Griffin non plus, le « You Must Believe In Spring » de Michel Legrand non plus, le « A case of You » de Diana Krall non plus, le « Caravan » de Daniel Humair au Sunset non plus, le « Moonlight In Vermont » de Phil Woods non plus,…et je peux continuer avec tant de choses… et chaque musicien ou mélomane peut faire ainsi.

Le temps fait son ouvrage, les choses meurent et changent de forme. Elles nous habitent et nous pouvons les nourrir soit comme un cancer, soit comme un Amour magnifique, et du coup les partager, les diffuser.

Chaque musicien vibre de ce qu’il porte, de ceux qu’il a rencontrés, de l’époque qu’il porte. Le regret, l’aigreur, la colère se sentent et il faut s’en protéger. Mais la joie, l’amour, l’humour, la force se sentent aussi et ça, il faut juste y être disponible. Alors quelque soit l’époque, la mode, peu importe, tout passe, et nous avons le choix de nous plaindre, ou bien de célébrer ce que nous avons trouvé de bon.

  Si je comprends bien, tu ne cultives pas de nostalgie, mais elle ne te fais pas peur non plus, et tu n’as pas besoin de brûler les souvenirs, tu peux les cultiver sans crainte qu’ils ne te dévorent ?

boussaguet1.jpg A l’instant où l’on joue, il n’y a que l’instant. On doit être totalement disponible à tout ce qui peut arriver. C’est le seul moyen d’arriver à dire quelque chose parce qu’on arrive à arrêter le temps: Le passé n’est plus, le futur, on ne sait pas ce qu’il sera; seul cet instant, cette note compte.

Je ne veux pas jouer avec un jeune qui imiterait, même parfaitement, chacun des artistes que j’ai cités. En revanche si dans son jeu, je sens des choses du passé qui ont été cherchées, aimées, nourries, c’est un plaisir, mais ce n’est pas essentiel. L’essentiel est dans ce que quelqu’un a à raconter, le goût qu’il a, et la magie avec laquelle il le raconte..

 Nous sommes tous deux natifs du Tarn. D’aucuns en parlent comme d’un trou, fiers de sortir ce poncif que l’ont met sur toutes les provinces dont on ne connait ni la situation ni l’histoire. Qu’est-ce que tu pourrais leur dire pour les inciter à s’y rendre et en avoir une idée moins banale. Y a-t-il une pépinière de musiciens ? Des traditions musicales ? Y as-tu toujours des attaches ?

boussaguet1.jpg J’ai quitté Albi et le Tarn en 1985 pour « monter » à Paris. Puis j’y suis retourné vivre de 1991 à 1999. Depuis, je vis à Paris et vais très peu dans le Tarn. Tout cela pour dire que je ne suis pas bien placé pour parler de la scène actuelle.

À mon époque (et hop un coup de vieux) jusqu’en 2000, il y avait finalement pas mal d’activités, un très bon festival de Jazz organisé par le conseil général. J’ai grandi aussi avec le festival du film, il y a eu aussi l’académie d’été montée par J.P. Wallez. Le hot-club était actif et produisait pas mal de concerts durant l’année. Vers 2000, les musiciens se sont organisés pour trouver un lieu de jam et de rencontre réguliers, je ne sais pas où cela en est aujourd’hui. Bref il s’y passait plein de choses. Aujourd’hui Denis Pascal, superbe pianiste concertiste Classique né et grandi comme moi à Albi (à quelques maisons l’un de l’autre, c’est drôle) se bat pour présenter des concerts de musique de chambre par exemple.

Quant à mes attaches, ma sœur et ma meilleure amie y vivent. J’ai bien quelques solides amitiés mais si j’y vais peu, c’est parce que depuis 10 ans je vais au pays basque et dans le Béarn où j’ai une maison. J’avais besoin d’aller dans une campagne où je ne connaissais personne car j’étais trop sensible à la nostalgie. Mais le Tarn est un département vraiment magnifique, à la lumière superbe ainsi que la nature. On y mange très bien et le Gaillac a vraiment su se donner des lettres de noblesse.

  Peux-tu nous parler de ta collaboration avec Lalo Schifrin ? Le compositeur du générique de Mission impossible et de Mannix tu te doutes que ça nous fais rêver ! Mais je suppose que c’est aussi bien autre chose…« 

boussaguet1.jpg J’ai rencontré Lalo en 1997. Il était en tournée en Europe pour son « Jazz Meets The Symphony » incroyable production où il écrit pour orchestre symphonique et quintette de jazz. Ray Brown ne pouvait pas assurer un des concerts en Suisse et Lalo voulait annuler. Ray l’a convaincu que je pouvais le remplacer. 

 Lalo m’a rapporté ensuite qu’il avait une entière confiance en Ray. Donc si Ray Brown engage sa garantie, alors OK. Je suis donc aller à Barcelone où ils répétait la veille du concert et j’ai passé la journée assis à côté de Ray, lisant la Musique et prenant des notes pour tous les détails de direction et pour comprendre quel était la réalité de ce travail spécifique et précis. Grady Tate était à la batterie et James Morrisson à la trompette et au trombone.

        Puis quelques jours après je les ai rejoint pour assurer le concert à Verbier en Suisse.

Depuis ce jour Lalo m’a appelé régulièrement pour ce show en Europe mais aussi il y a 2 ans au USA avec le fantastique London Symphony Orchestra. J’ai fait aussi entre ces grands shows quelques tournées de musique de films. Donna son épouse, Lalo et moi avons passé beaucoup de temps à discuter de littérature, de philosophie, de tas de choses, et ce sont des amis bien au-delà de notre collaboration musicale. Lalo est (avec Michel Legrand comme par hasard) une des personnes les plus cultivées que j’ai rencontrées. J’ai la même relation avec Michel, et suite à mes propos sur le sectarisme musical, ces deux immenses compositeurs et musiciens, aiment la Musique et les musiciens car ils savent apprécier ce qu’un artiste a à dire au lieu de juger. Ils m’aident beaucoup pour la composition et il est temps pour moi de m’occuper de diffuser mes œuvres. Tu te rends compte de la chance que j’ai de connaître et de travailler avec de tels maîtres ? J’emploie ce mot car il est précis. Ils connaissent la Musique complètement et chaque fois qu’ils orchestrent, chaque partie d’instrument est vraiment écrite pour l’instrument. Une partie de basse sous leur plume, est écrite naturellement comme un Ray Brown ou un Ron Carter l’aurait écrite. Et c’est ainsi pour chaque instrument.

  Petit message aux pianistes compositeurs arrangeurs : La basse s’arrête au MI grave et pas au Do, et ne peut pas jouer des phrases en quinte pendant 200 mesures. Merci pour nous les bassistes. De même le contre-ut des trompettes ne se joue pas ppp…

 « Nul n’est prophète en son pays » n’est pas toujours un cliché :  notre Tarn natal est le seul département où je n’ai pas encore donné de concert ! T’arrive-t-il  de constater l’indifférence faite à ton travail à deux pas de chez toi alors que tu es un artiste de renommée dont on peut citer le nom à 6000 kilomètres de Paris en voyant des lumières s’allumer dans les yeux des gens ? Comment vivre ce décalage ?


boussaguet1.jpg C’est la réalité, c’est très dur parfois, et c’est ainsi. Nous le vivons tous. En France, je ne représente rien ou presque, sauf pour le Public. Guy Lafitte n’a jamais joué à la salle Nougaro à Toulouse (Blagnac) c’est dommage, mais sois assuré que c’est partout pareil.

Alors les musiciens voyagent tant qu’ils le peuvent. C’est assez logique car sur place, tu ne peux pas être exotique. Hors les organisateurs veulent toujours avoir l’impression qu’ils présentent de l’original, de l’exceptionnel; ainsi va le monde.

L’ important est de ne pas y penser et de se focaliser sur son travail.

Un jour J.L. Guilhaumon (Jazz In Marciac) m’a dit « ce qui compte Pierre, ce n’est pas de jouer encore une fois à Marciac, mais de jouer tellement partout que vous ne serez pas disponible un jour pour jouer à Marciac ». Il a raison et cela m’est arrivé un été. 

Alors la sensation de  « Nul n’est prophète en son pays » fait partie de chacun de nous, et nous devons l’accepter pour ce qu’elle est:

Une émotion affective illusoire. Tu veux aller jouer dans le Tarn ? Et bien contacte tout le monde là-bas ou bien produis ton concert. »


www.myspace.com/pierreboussaguet www.boussaguet.com

Une réflexion sur “ENTREVUE AVEC PIERRE BOUSSAGUET

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