VIDER LE MOT DE SON SENS POUR MANIPULER

Le monde d’Orwell dans lequel nous sombrons un peu plus chaque jour ne prolifèrerait pas sans gagner la mère de toutes les batailles : celle des mots, qu’il vide de son sens au profit de sa novlangue jusqu’à inverser leur sens.

Le monde a beau alors se dresser de toute sa force contre l’inversion des valeurs qui en découle, rien n’y fait, parce qu’il est trop tard : la bataille des  perdue, les gens ne se comprennent plus, et vont au combat divisés.

Non seulement l’art n’échappe pas à cette destruction, mais il la subit en malheureux éclaireur.

mardi  24 novembre 2015 :

L’art local global

Bruxelles et son quartier de Molenbeek, d’où sont partis les terroristes, étaient sous les feux de l’actualité au moment où je lisais la page 38 du dernier livre d’Aude de Kerros «L’imposture de l’art contemporain »(1). On y apprend que Bruxelles est la ville laboratoire d’un nouveau courant : « l’art local global ». Attention, dans l’article du New York Times qui détaille le phénomène, la valeur des mots change : local ne signifie en rien provincial. « Pour ce qui est de l’art contemporain, c’est la hiérarchisation financière qui départage le « global » du « local » »(2). Mais à Bruxelles le concept s’affine. «C’est un art aux tendances variées, collectionné sans complexes, sans prescripteurs institutionnels comme c’est le cas en France, où l’on ne dédaigne pas les artistes vivant et travaillant sur les lieux ». En 2016, Bruxelles accueillera une succursale de la foire alternative new-yorkaise « Independent »  qui diffuse ce nouveau concept. Ironie du langage : « independent » désignera en fait une dépendance américaine en Europe !

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Christine Sourgins est l’auteur de

La musique exempte du dévoiement des mots :

Concerto en DO# mineur – Fabrice Eulry

 

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