ECOUTEZ LA MARCHE TURQUE DE MOZART MA NOUVELLE COMPOSITION

Christine Sourgins historienne de l’Art et auteur de :

 nous sensibilise sur la nouvelle tendance à cautionner le plagiat (ou non, selon que vous serez…)

mardi 9 décembre 2014 :

Un plagiat à la FIAC ?

Lors de la dernière FIAC, sur le stand de la galerie Eva Presenhuber de Zurich, Jean-François Roudillon, directeur de la Galerie LOFT et en charge du catalogue raisonné de l’artiste Francesco Marino Di Teana, eut la surprise de découvrir une copie en plastique d’une œuvre originale de Di Teana, L’Aube. Dans une lettre ouverte, et une vidéo, il dénonce « du plagiat et du vol à l’état pur ». L’italo-argentin Di Teana (1920-2012) a réalisé en France et en Europe, plus de 50 commandes publiques dont, à Fontenay sous-bois, « Liberté », à ce jour la plus haute sculpture d’Europe. Informée de cette contrefaçon, la galeriste Eva Presenhuber, aurait répondu :
– « Marino di Teana ? Mais c’est pas grave, il est mort… »

Le suisse Valentin Carron est né en 1977, l’année où Di Teana concevait l’Aube, en acier corten, œuvre aujourd’hui exposée à Neuchâtel. Carron a réalisé un moulage de celle-ci, en s’appropriant forme, dimensions, titre (The dawn est la traduction anglaise de « L’aube »). A la FIAC, The Dawn fut proposée à la vente (≈ 55 000€ ) comme une œuvre originale, sans référence aucune à l’artiste copié : l’héritier de Di Teana a déposé plainte.

Valentin Carron nie avoir produit un faux. Car ce Valaisan, qui a représenté la Suisse à la Biennale de Venise l’an dernier, pratique « l’appropriation ». L’appropriation serait une forme d’hommage, une preuve de reconnaissance et même une sorte de préservation de l’œuvre appropriée. La défense du plagiat s’organise, des personnalités romandes du monde de l’art visuel interviennent. Pour Christian Bernard, directeur du Musée d’art moderne et contemporain de Genève (Mamco), Valentin Carron a « cité » Francesco Marino di Teana « au même titre que Mozart a repris certains passages musicaux d’autres compositeurs ».
Notons que ce Mozart de la contrefaçon n’a pas hésité à « citer » une sculpture de Giacometti …en lui collant un bras d’honneur ! Si on prend cet ajout ridicule pour une forme d’originalité, dans ce cas, où est l’hommage et la préservation de l’œuvre initiale ? Pierre Keller, ex-directeur de l’Ecole cantonale d’art de Lausanne (ECAL), défend son ancien élève: « il a été influencé par son professeur de l’ECAL John Armleder qui s’approprie également des pièces (…) La particularité de la sculpture de Valentin Carron se trouve dans le matériau : il joue sur l’utilisation de la résine pour pervertir (c’est moi qui souligne) l’oeuvre de di Teana. Tout est dans le matériau ».
En fait, tout est dans le matériau et dans l’ignorance du spectateur qui, non averti de la manœuvre, va attribuer à Carron, l’intégralité de l’œuvre ! Chacun peut-il reproduire une œuvre et se justifier par de l’appropriation ? « Allez-y si vous croyez que c’est si facile! » répond Pierre Keller. En effet, pour tenter d’imposer une contrefaçon il faut un puissant réseau. Or l’artiste plagié, Di Teana, fut représenté pendant plus de 20 ans par la Galerie Denise René. Comme par hasard, si je ne m’abuse, la galerie Denise René n’était pas de la Fiac, cette année. Voilà qui éclaire d’un jour nouveau la remarque de Ben dans sa lettre d’info à propos de la Fiac :  Jennifer Flay (qui dirige la Fiac), éliminerait au profit des Anglo-Saxons, certaines galeries françaises , en particulier celles de province…

Le « deux poids deux mesures » en matière de contrefaçon, est illustré par l’affaire… Lire la suite dans le blog de Christine Sourgins

Outre le Boléro de Ravel et la Cinquième symphonie de Beethoven, Fabrice Eulry a également (et vraiment) composé :

Concerto en DO# mineur – Fabrice Eulry

Concerto en DO dièse mineur cliquez sur l’image pour le commander

 


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