ANNIVERSAIRE : LES 70 ANS D’UN CARNAGE DE FEU

En février 1945, le régime nazi n’ en a plus pour longtemps. Ce qui reste de la puissante Wehrmacht ne pourra pas contenir sur deux fronts les offensives soviétiques et anglo-américaines.

L’US Air Force et la Royal Air Force déploient jour et nuit leurs nombreuses escadrilles de bombardiers, censés écraser tout ce qui participe au puissant instrument de guerre allemand, partout où il se trouve, et tant pis si des civils ont le malheur de se trouver dessous.

Sur le territoire du Reich, il ne fait pas bon habiter près des zones industrielles, des ponts, des nœuds routiers ou ferroviaires ; d’autant que l’aviation alliée ne fait pas dans la dentelle et a pour habitude de répandre généreusement des tonnes de bombes pour s’assurer de la destruction du moindre objectif.

Cependant, dans Dresde, cité historique, capitale de la Saxe, l’enjeu industriel et militaire est quasi nul. Des milliers de réfugiés qui fuient l’avancée de l’armée Rouge et de soldats blessés, qui sont soignés dans 25 hôpitaux, s’y entassent. La ville est passée de 630 000 habitants à plus d’un million.

La DCA allemande) n’est que peu présente. La proie est sans défense.

Au cours de la nuit du 13 février, les bombardiers anglais Lancaster sont sur la ville : une première vague de 244 d’entre eux larguent 460 000 bombes à fragmentation. Une seconde vague de 529 bombardiers larguent en vingt minutes plus de 180 000 bombes incendiaires au phosphore…

« […]une tornade artificielle dans laquelle l’air est aspiré vers le centre à une vitesse de plus en plus rapide. À Dresde, des vents approchant la vitesse de 160 km à l’heure emportèrent débris et individus dans un bûcher dont la température excédait 1 000 degrés centigrades. Les flammes dévorèrent tout ce qui était organique, tout ce qui pouvait brûler. Les habitants moururent par milliers, grillés, incinérés ou asphyxiés… »

Phillip Knightley 

journaliste et écrivain britannique

         Les avions de la RAF ont lâché sur la ville 1 478 tonnes de bombes explosives et 1 182 tonnes de bombes incendiaires.

       (Cliquez sur l’image pour visionner un film de 2 mn. qui de l’aveu des alliés donne une idée du carnage)

 A 10 h du matin, 311 « forteresses volantes » B-17 étasuniennes lâchent 771 tonnes de bombes sur une ville déjà en ruine.

         Elles sont escortées par 200 chasseurs Mustang mitraillant au sol les colonnes de civils qui tentent de fuir et les secours qui affluent.

         Dresde est anéantie sous un total de plus de 750 000 bombes. Brûlant pendant 7 jours, le brasier pourra être aperçu à 160 kilomètres.  

         Pendant le bombardement nocturne on peut lire son journal en pleine campagne au milieu d’un champ à 50 kilomètres de Dresde. 

         Il sera difficile de chiffrer le nombre exact de victimes, car la plupart d’entre elles ont été vaporisés par les bombes incendiaires, et en hâte, afin d’éviter les épidémies, les secours ont entassés et mis le feu aux cadavres trouvés dans les décombres.

 

         35 000 ou 350 000 morts ?

Le premier chiffre est la fourchette basse, donnée par les alliés.

Le second chiffre fourchette haute, est avancé par les Sovétiques.

Le chiffre est comparable aux bombes atomiques de Hiroshima et Nagasaki, mais l’intérêt stratégique est incompréhensible. 

         La seule installation militaire vraiment significative, l’aérodrome de la Luftwaffe à quelques kilomètres au nord de la ville, n’a pas été attaquée. Deuxièmement, la station de chemin de fer n’a pas été marquée comme cible par les avions britanniques de reconnaissance qui ont guidé les bombardiers. Sur ce plan on constate que c’est le centre ville, donc les civils qui ont été visés :

         Volonté de briser à jamais tout orgueil germanique par la l’horreur et la terreur ?

         Vengeance des bombardements massifs de la Luftwaffe sur Londres au début de la guerre ? Que le moral de la population d’un acier mieux trempé que celui des bombes nazies et les Spitfires de la RAF, avaient glorieusement découragés.

         Expérimentation des nouvelles armes ?

         Nécessité, d’après Churchill d’impressionner Staline ? (sur cette hypothèse, le livre de l’historien Jacques R. Pauwels historien canadien : Le mythe de la bonne guerre).

         Certainement un peu des trois, car ici on ne peut invoquer d’intérêt économique pour l’après-guerre, comme celui qu’il y avait de briser la concurrence du Havre avec les ports anglais, Le Havre, que l’aviation alliée ne s’est pas non plus privée de raser.

Renaissance et renaissance :

          Si le paralysant esprit de repentance anime toujours l’Allemagne, le regard qu’elle pose sur son histoire semble cependant de moins en moins polarisé par le court épisode de douze années du IIIème Reich si l’on en croit la minutie des restaurations (on peut parler de reconstitution, la destruction de 1945 ayant été quasi-totale) du Dresde de la Renaissance,

parti en fumée il y a soixante dix ans et dont on n’imaginait pas pendant l’après-guerre, qu’il put faire l’objet d’une telle résurrection (Cathédrale, orgues, peintures)…


… A l’instar de ces Allemands de Hambourg, qui trop jeunes pour combattre, prenaient sous les bombardements même, les dimensions des bâtiments qui allaient tomber sous les bombes, dans l’espoir de les reconstruire tels quels après la guerre !

 

 

Ragtime

Voici un poème pianistique contant un siècle d’Entente franco-britannique sous la forme d’une composition originale déclinée en seize variations illustrant chacune autant d’événements vécus en commun avec nos cousins d’outre-manche depuis 1904. Un livret est joint dans les deux langues.

Cette composition commandée par l’ambassade de France à Londres a été donnée en première mondiale le 9 décembre 2004 par Fabrice Eulry dont on découvre ici une nouvelle facette.

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